Ho Chi Minh Ville : notre terre d’accueil

Ho Chi Minh Ville n’a plus grand-chose à voir avec cette ville aux confins de l’orient dont le nom raisonne encore dans toutes les mémoires : Saigon. Difficile de ne pas avoir en tête des images de film en prononçant ce mot… mais de l’eau a coulé dans les rizières et le temps a fait son œuvre. Place désormais à Ho Chi Minh la moderne, l’insouciante, la vibrante !

Petit village de pêcheurs khmer à l’origine, la ville fut progressivement peuplée de viets (et de chinois) à partir du 17ième siècle sous l’impulsion de la cour impériale des Nguyen, à Hué. Tour à tour capitale de la Cochinchine puis de l’Indochine française de 1887 à 1901, elle devint après la fin de la Guerre d’Indochine la capitale de la République du Vietnam à partir de 1954. La prise de la ville le 30 avril 1975 par les communistes du Nord Vietnam marqua la fin de Saigon et la naissance d’Ho Chi Minh Ville. Beaucoup de vietnamiens continuent néanmoins aujourd’hui à appeler leur ville Saigon.

Quand on arrive à Ho Chi Minh, on est en général frappé par la modernité de la ville. De grands axes transpercent la ville, les motos hurlent dans un bourdonnement constant : on sent que la ville est active et vivante. Véritable capitale économique du pays, elle jouit d’une croissance continue entre 5 et 8% depuis une dizaine d’années et cette ivresse de développement se ressent.

Sans réel cachet, elle est composée de beaucoup de petits bâtiments juxtaposés si bien que les 8 millions d’habitant du poumon économique du Vietnam  occupent un espace très vaste (2095 km2). Peu de grandes tours : ici, la croissance immobilière s’est faite horizontalement. Certains seront déçus par l’aspect monotone de ces paysages urbains, gris la journée, multicolores la nuit (la « ABBA touch » des vietnamiens qui enlaidissent tous leurs bâtiments de néons multicolores). D’autres ne sauront reconnaître la ville entrevue en salles obscures dans les années 80s et 90s, tant les vélos sont désormais presque absents et la circulation chaotique.

S’il y a peu de choses à visiter, certains arrêts sont néanmoins dignes d’intérêt à commencer par le musée de la Guerre, présentant le conflit avec le regard  du Vietnam. Le musée s’appelait d’ailleurs à l’origine Musée du crime de Guerre américain ! Ce nom ayant été changé car jugé trop agressif pour ces bons vieux américains venant en masse dépenser leurs dollars dans le pays. Cela donne une idée du ton donné aux photos et documents présentés. Nous avions fait cette visite peu avant notre déplacement à Cu Chi et il faut avouer qu’observer cette arsenal de guerre impressionnant déployé par les américains face aux pièges faits de bois et de clous des vietnamiens (présentés à Cu Chi) laisse songeur. Quel que soit les armes et le nombre, un peuple n’est jamais plus fort que lorsqu’il est agressé. Dien Bien Phu en est d’ailleurs un exemple parfait. Les français avaient oublié la flamme qui pouvait naître d’un peuple meurtri et ont du coup sous-estimé les capacités des vietnamiens, ce qui leur a coûté la victoire.

L’autre richesse d’Ho Chi Minh Ville est d’une part ses nombreuses pagodes (plus ou moins intéressantes), et d’autre part les restes de la présence française. Entre une cathédrale faite de briques rouges de Toulouse, des maisons coloniales disséminées un peu partout, la Poste centrale dessinée par Eiffel et l’Opéra dont la façade est une réplique du petit palais à Paris on retrouve souvent des souvenirs du pays colonisateur.

La Mairie faisant face à la fameuse rue Nguyen Hué, les Champs Elysées locaux, est également une étape intéressante dans la découverte de la ville, tout comme le marché Ben Thanh (plus grand marché de Ho Chi Minh).

Le plus beau point de vue de Saigon se situe au 49ième étage de la Bitexco Tower, la plus haute tour de la ville (qui en compte 68 en tout). Cela permet de se rendre compte de l’étendue d’Ho Chi Minh et de la faible hauteur des bâtiments (rien à voir avec Bangkok).

Je passerai sur la présence d’autres musées facilement oubliables, du zoo présentant des animaux enchainés et disposant du minimum syndical pour (sur-)vivre. Mais tout cela reste relativement anecdotique (hormis peut-être le musée de la Guerre) et n’attirera guère l’attention du touriste si celui-ci a visité le reste du Vietnam auparavant.

Ce qui fait la richesse d’Ho Chi Minh est ailleurs.

D’abord dans ce sentiment de liberté né de la facilité à évoluer en moto partout et tout le temps. Si la circulation paraît impressionnante de l’extérieur, on s’aperçoit de l’intérieur que les gens roulent assez doucement (on dépasse rarement le 40km/h). On se sent donc globalement en sécurité. Et quel plaisir de pouvoir se promener au gré de nos envies partout et de poser directement sa moto devant le magasin/restaurant/bar où on veut s’arrêter. La vie devient beaucoup plus rapide et facile !

Le caractère typique des petites rues de la ville et l’atmosphère unique qui y règne, surtout lorsqu’on prend la peine de se perdre dans ces dédales sans fin, font également partie des richesses de la ville. Beaucoup de maisons vietnamiennes comptent un salon qui sert de pièce à tout faire (télé, sieste, manger etc) et qui donne directement sur les ruelles. Une ballade dans les micro-rues de la capitale économique permet donc d’observer l’intérieur des maisons locales et accentue le sentiment d’immersion.

Le temps est évidemment un des avantages majeurs de cette partie du Vietnam. Il fait presque tout le temps très chaud et même les grosses pluies de la saison des moussons ne font pas baisser de beaucoup la température. Cela permet également de profiter des nombreux boui boui en extérieur le soir venu, et d’essayer les spécialités culinaires locales autour d’une « Saigon bia » (bière Saigon).

Impossible de ne pas parler également de la vie nocturne locale. Le nombre de bars et de boites de nuit a explosé ces dernières années afin de répondre à la demande toujours plus grande de la jeunesse saïgonnaise, ce qui nous ouvre à de nombreuses possibilités les weekends où nous restons à Ho Chi Minh.

Ville pas vraiment belle, bruyante, Saigon n’a pas grand-chose pour elle  et pourtant… pourtant elle a un indescriptible charme qui la rend attirante et attachante. Pas vraiment ville-monstre comme peut l’être Bangkok, elle est pour moi une grande petite ville ou une petite ville qui veut jouer à la grande,  et c’est peut-être en cela qu’elle est si atypique : dans cette opposition entre mode de vie et taille de la ville. Vous l’aurez donc compris, un choix de vi(ll)e que pour rien au monde Marion et moi nous ne changerions.

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2 commentaires pour Ho Chi Minh Ville : notre terre d’accueil

  1. les vieux dit :

    Belle description de ta « petite ville »!
    Je ne nie pas la « flamme du peuple meurtri », mais il ne faut pas oublier l’aide humaine inépuisable du voisin chinois, pendant la guerre, qui a bien aidé et modifié beaucoup des choses…

    • eldudi40 dit :

      C’est certain, mais ça n’est pas que ça qui les a fait gagner à Dien Bien Phu. C’est surtout l’erreur du commandement français qui a installé ses troupes dans une cuvette pensant que les vietnamiens étaient trop loin de leurs bases pour apporter sur les hauteurs avoisinantes leurs pièces d’artillerie (qu’ils ont finalement déplacées en pièces détachées à travers la jungle, à dos d’homme ou avec des animaux, en un temps record). Le colonel français Piroth, commandant l’ensemble des unités d’artillerie, s’est d’ailleurs suicidé quand il s’est aperçu de son erreur.

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