La face cachée de Vung Tau

Il y a un an environ, nous sommes allés nous promener du côté de Vung Tau, petite station balnéaire à quelques 2h30 de bus d’Ho Chi Minh. Ma plume était encore endormie et je n’avais posté alors que quelques photos. Il est temps de combler ce vide qui j’en suis certain, vous a rongé durant une année.

L’histoire de Vung Tau est assez récente. Marais utilisé par les bateaux marchand européens aux XIVième et XVième siècles –d’où son nom de « Vũng Tàu » signifiant ancrage, donné plus tard par les vietnamiens -, le lieu fut baptisé Saint Jacques par les navigateurs portugais qui passaient par ce cap régulièrement. Le village de Vung Tau fut fondé en 1822 par les soldats du roi Nguyên en récompense pour avoir libéré la région infestée de pirates malais. Par la suite, Paul Doumer, le gouverneur général de l’Indochine, a décidé d’y construire une ville (qu’il appela Cap Saint Jacques) pour en faire une sorte de Deauville à la vietnamienne et permettre ainsi aux français vivants à Saigon de se reposer sur les plages à l’ombre des palmiers. La ville avait en quelque sorte le même but que Dalat, mais version plage.

Partis avec deux amis de Saigon, nous sommes tout d’abord retournés voir le Christ du Corcovado local, non pas porté par un désir de recueillement, mais car nous n’avions pas pu monter dans les bras de la statue lors de notre dernière visite. L’intérieur de la statue est en effet inaccessible entre 12h et 14h et nous avions eu la mauvaise idée de nous y rendre à 11h45. Les gardes à l’entrée étaient certainement sur un autre fuseau horaire et avaient fermé le site plus tôt. Ce fut une très agréable découverte puisque la vue qui s’offre à nous des bras de Jésus, nous a permis d’avoir un aperçu de la ville dans son intégralité.

Nos roues nous ont ensuite menés à quelques dizaines de kilomètres de la ville pour dénicher les marais salants dont j’avais entendu parler au hasard d’un article trouvé sur internet. Si nous sommes tombés dans la mauvaise période pour voir les montagnes de sel se dessiner, nous avons quand même pu nous balader au milieu des rectangles asséchés. Un homme vieilli par la vie résidant au milieu de ces paysages nous a expliqué le fonctionnement de ces marais (accompagnée d’une vietnamienne, il nous a été évidemment plus facile de partager avec les locaux). A la question « depuis combien de temps est-ce que vous habitez ici ? », il nous a simplement répondu « lâu qua » : trop longtemps…

Plusieurs fois nous nous sommes perdus dans cette campagne vide et peu visitée des étrangers, et chaque fois nous avons rencontré des locaux adorables dont certains ont même pris le temps de sortir de chez eux, prendre leur moto, pour nous accompagner sur un bout de chemin pour être certains que nous ne nous perdrions pas. Actes totalement désintéressés qui surprennent tant nous n’y sommes plus habitués.

Une petite promenade dans les rizières plus tard, nous sommes rentrés dans la ville pour apprécier l’activité insolite locale : les courses de lévrier. 8 chiens par course, 12 courses, présentation des participants avant chaque départ et possibilité de parier évidemment (on peut même acheter un petit livret où sont indiqués les résultats précédents de chaque chien). Je dois dire qu’on se prend facilement au jeu tant les vietnamiens dans le stade sont déchainés une fois les bêtes lancées comme des boulets de canon. On se prend même à effectuer des calculs assez absurdes du style : j’ai vu le numéro 4 se délester de quelques kilos d’excréments lors de la présentation, je pense donc qu’il ira plus vite que les autres… Définitivement une expérience à vivre !

Le reste de la soirée nous a permis de profiter de la douceur du climat, du calme et des bons restaurants de Vung Tau.

Le lendemain matin, la plage nous tendant les bras depuis notre arrivée, nous avons posé nos serviettes sur une petite bande de sable et observé des pêcheurs ramenant au filet des dizaines de poissons argentés.

Le reste de la journée fut consacré à la découverte du reste de la péninsule en moto, en dévalant la route qui longe la mer, au déjeuner près du port dans un restaurant de fruits de mer et à la visite du marché local.

Vung Tau est une destination dont beaucoup de personnes ne disent pas forcément du bien. Mais si beaucoup de plages se voient recouvertes d’une écume jaunâtre tellement elles sont devenues des dépotoirs à ciel ouvert, il reste beaucoup d’autres choses à faire à Vung Tau qui méritent le détour. Une destination de weekend très agréable qui permet de sortir du capharnaüm (qui n’a jamais aussi bien porté son nom) saïgonnais et de recharger ses batteries.

Publicités
Cet article, publié dans Photos, Sud, Voyages au Vietnam, Vung Tau, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour La face cachée de Vung Tau

  1. brigittesinan dit :

    Vous avoir su dans les bras de Jésus me ravit…..belles photos! l’histoire ne dit pas quel lévrier a gagné!
    Baisers affectueux d’Ustaritz

  2. les vieux dit :

    Très belles photos. Tu dois avoir un fameux matériel !!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s