Partie 2 : A la découverte du Nord de la Thaïlande

Voir Partie 1 : Ko Phi Phi, un paradis pour certains…

Le nord de la Thaïlande étant réputé pour ses temples et ses parcs nationaux, nous souhaitions trouver une destination faisant honneur à ses richesses et ce fut Chiang Mai.

Deuxième ville du pays (même si 50 fois moins peuplé que Bangkok), elle s’enorgueillit d’abriter presque autant de temples que la capitale. Situé au nord de la Thaïlande, vers la frontière birmane, la ville n’a plus grand-chose à voir avec ce repère de routards dont onPhoto Chiang Mai 1902 peut voir quelques aperçus par des photos en noir et blanc ayant traversé le siècle précédent. Isolée jusqu’au 19ième siècle (aucune route n’y menait), elle a grimpé rapidement dans le train de la modernité pour ne plus le quitter. Entourée d’un canal carré large et agréable, qui n’est pas sans rappeler par moment le canal du Midi, la ville s’est vue phagocytée par des restaurants et autres Plan de Chiang Maibars pour accueillir les touristes de plus en plus nombreux, mais force est de constater que cela n’est pas choquant. Un réel effort a été consenti pour rendre ces espaces agréables et conviviaux. Des larges trottoirs permettent de se promener aisément dans la ville, on peut alors se laisser vagabonder en entrant au hasard dans un des multiples wats que compte la cité.

Si on peut se déplacer facilement en moto en dehors du carré central pour aller rechercher des wats plus éloignés, la visite de la ville peut également se faire en vélo ou à pied. Et c’est un réel plaisir de se promener dans des rues propres et de partir à la rencontre d’un peuple dont l’amabilité n’est plus à prouver (il n’est pas rare de voir des voitures s’arrêter pour vous laisser passer, chose qui n’arrive jamais au Vietnam par exemple).

A noter que l’on croise beaucoup d’étrangers de 50 ans et plus avec à leur bras de jeunes et un peu moins jeunes thaïlandaises. L’ « expatriation sexuelle » semble gagner du terrain et a, semble-t-il, de beaux jours devant elle.

Arrivés en début d’après-midi dans la ville, nous avons loué le premier scooter trouvé et sommes partis vers la colline de Doi Suthep, très réputée pour la vue qu’elle offre sur la Doi Suthep (5)ville et pour le wat qu’elle garde en son sommet. Très bel ensemble, caractéristique de ce que nous verrons plus tard dans la ville, on y accède par un escalier rectiligne gardé par deux Nagas, serpents mythologiques sensés constituer un lien entre Terre et Ciel, Hommes et Divinités. Ils sont aussi ceux qui ont protégé Buddha quand il méditait sous son arbre.

Nous avons ensuite erré sur la colline, cheveux au vent, nous offrant des perspectives revigorantes de forêts si étendues qu’elles se perdent à l’horizon, avant quelques visites improvisées dans un autre wat et au marché Warrorot, marché thaïlandais typique offrant des senteurs asiatiques mêlées au brouhaha ambiant.

Comme nous souhaitions profiter des nombreux parcs nationaux du nord de la Thaïlande, nous avons décidé de partir 2 jours en trek au cœur de la forêt.
Cela ne s’est pas fait sans quelques arrêts touristiques comme une cascade sans grand intérêt et une baignade dans des eaux chaudes provenant de geysers fumants.

P1010715Assez différente de la forêt du Mondulkiri (voir article Cambodge), celle-ci s’est révélée beaucoup plus dense, opaque, parfois même écrasante quand les bambous viennent à tomber sur le chemin, créant un toit de verdure vous empêchant presque de voir le ciel. Quelques heures plus tard, nous sommes arrivés sur une crête et avons pu jouir d’une vue magnifique sur la frontière birmane et ses collines boisées. A noter que nous avons également croisé des araignées grosses comme la moitié de la main, au plus grand plaisir de Marion qui a même envisagé en ramener une en souvenir.

Araignées

La région du Nord garde en son sein de nombreuses ethnies (dont les Padaung, les fameuses femmes girafe), et nous avons croisé certains locaux perdus au milieu de cette forêt dévorante. Pour la petite anecdote, le seul mot « abuja » veut dire à la fois merci, bonjour, au revoir et oui dans la langue des habitants que nous avons croisés… cela facilite grandement les échanges !

En fin d’après-midi, nous nous sommes arrêtés dans un village de paysans. N’ayant pas l’électricité, cela nous a permis de vivre le temps d’un moment cette vie rythmé par le P1010754soleil qui est leur quotidien. Le soir fut assez mémorable avec un repas local, puis une soirée autour d’un feu à jouer de la guitare et à boire de la « happy water » (= alcool de riz) gentiment offerte par notre guide.

Au petit matin, à l’heure où les premières lueurs du soleil peinent IMGP0236à percer le brouillard flottant et où la fraîcheur vous hérisse le poil, nous avons dû nettoyer nos futurs moyens de locomotion de la journée dans la rivière au pied du village. Un peu plus long à nettoyer qu’une moto tout de même.

Le reste du trek fut partagé entre une trentaine de minutes à dos d’éléphant et environ deux ou trois heures de bamboo rafting. Les photos parlent d’elles-mêmes. Je m’attendais à une activité touristique, rapide et monotone, mais mon erreur fut aussi grande que l’a été mon enchantement à descendre sur ces rondins de bambous une rivière coulant au milieu de véritables murs de lianes et d’arbres. Une nature si dense qu’on ne peut bien souvent même pas envisager de la traverser. Un grand moment de communion avec la nature qui nous permis de nous sentir isolés et perdus au fond de la Thaïlande du Nord (même si cet isolement n’est évidemment que relatif, les circuits touristiques dans ces forêts étant tracés depuis bien longtemps).

IMGP0279

De retour dans Chiang Mai, nous nous sommes baladés vers le Night Bazaar, grand marché nocturne très touristique puis nous nous sommes régalés devant le sport favori de Marion : le Muay Thai. Moins impressionnant que la grande salle vue à Bangkok mais très agréable quand même.

Le lendemain, nous sommes partis à la découverte du passé de la ville dans le Musée National. On considère souvent que le Siam (nom donné par les khmers signifiant « basanés ») a compté de très nombreuses capitales dont Chiang Mai. La réalité est plus complexe. Composé de différents royaumes, le territoire a évolué au fil des influences de

L'Asie du Sud-Est en 1300

L’Asie du Sud-Est en 1300

telle ou telle ville. Le royaume considéré comme le royaume fondateur fut celui de Sukhothai. En 1298, le roi Mengrai, roi de Kum Kam (ancêtre de Chiang Mai située à quelques kilomètres de la ville actuelle) souhaita une nouvelle capitale royale mieux située suite à l’entente passée entre son royaume et ceux de Sukhothai et de Chiang Rai plus au nord. Il créa ainsi le royaume de Lanna, qui resta autonome jusqu’au 18ième siècle (Chiang Mai n’est devenue une région du Siam qu’en 1774), même s’il a vu sa taille et sa puissance affaiblies par diverses influences (d’abord celle d’Ayutthaya qui à partir du milieu du 14ième siècle domina l’essentiel du territoire de la Thaïlande actuelle – c’est l’âge d’or du Siam, celui où il était craint de tous les peuples voisins -, puis celles des birmans qui occupèrent la ville de 1558 à 1725). Une histoire riche, qui nous parvient encore aujourd’hui grâce aux nombreux wats présents dans la ville. Cela étant dit, l’écho de ce passé est atténué et moins vivace qu’à Ayutthaya car étant toujours utilisés par les bonzes, ils ont été restaurés pour la plupart. Exit donc ce charme archéologique et poussiéreux qui m’avait tant plus dans l’ancienne capitale.

La suite de notre journée ne fut que visite de wats. Je ne vais donc pas vous faire la liste mais voici les plus notables ou du moins ceux que nous avons préférés :

–          L’ensemble de wats de Kum Kam, l’ancienne Chiang Mai. Nous nous sommes Wieng Khum Kam (4)promenés en calèche sur un tracé long de 5 kilomètres pour visiter des temples en ruines datant du 13ième siècle mais dont l’histoire résonne bien plus qu’à la vision des temples modernisés. Tout cela sans touriste, au cœur de la campagne locale et croisant même un sympathique serpent.

–          Le wat Bupparam est son superbe viham central

Wat Bupparam (2)

–          Le wat Pan Tao et son wat principal tout en bois

–          Les ensembles wat Phra Sing (14ième siècle) et wat Chedi Luang (15ième siècle) pour Wat Phra Singh (6)leur grandeur et l’harmonie qui y règne. Nul doute que les bonzes doivent y couler des jours heureux (un incroyable jeu de mots se cache dans cette phrase).

La dernière matinée sur les lieux nous donna l’occasion de découvrir d’autres wats isolés, de nouvelles rues et de découvrir l’une des curiosités de la ville : l’aquarium et son tunnel en verre (présenté comme le plus long du monde).

Destination familiale, Chiang Mai est une excellente vitrine pour la Thaïlande. Que vous y cherchiez de la culture, du sport, du calme ou une vie nocturne active, vous y trouverez votre compte. Si ici tout n’est qu’ordre et beauté, on troquerait parfois le luxe, le calme et la volupté des lieux par un peu de désordre, de sueur, de poussière, de ces images que l’on peut avoir quand on pense à l’Asie avant qu’elle n’entende les sirènes des standards touristiques internationaux. Mais même si je n’ai pu y retrouver l’authenticité et la magie perçue à Ayutthaya, il est difficile de ne pas aimer cette destination tant elle vous offre sur un plateau tout ce que vous pouvez désirer. La Rose du Nord n’a plus son éclat mais est bel et bien toujours là.

Wat Chedi Luang (5)

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4 commentaires pour Partie 2 : A la découverte du Nord de la Thaïlande

  1. les vieux dit :

    Encore un très beau reportage, tant par le texte que par les photos, qui me rappelle bien des souvenirs … et m’ouvre aussi des perspectives, à plus de 50 ans.

  2. couture dit :

    merci et continuez de nous faire rêver. bises

  3. couture dit :

    belle prose et un superbe reportage. Bonne année à tous les deux , en continuant à nous faire partager vos périples.
    rémi et christine

  4. Ping : Partie 1 : Ko Phi Phi : un paradis pour certains… | Good Morning Saigon!

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