Myanmar – Partie 1 : Contexte général et anecdotes

Nous attendions depuis longtemps le têt 2013 car nous avions prévu de visiter l’un des pays qui nous attirait le plus en Asie du Sud-est : le Myanmar (ex-Birmanie). Nous sommes donc partis deux semaines à la découverte de ce pays, trait d’union entre l’Inde et l’Indochine.

Parcours : Yangon – Mandalay – Bagan – Kalaw – Inle – Yangon

Histoire :

L’histoire du Myanmar est complexe car de nombreux peuples y ont vécu et les jeux Carte asie du sud-est au XIème siècled’influences avec les pays voisins ont été incessants.  Anawrahta (1044-1077)  est le premier à unifier la Birmanie et fonde le premier Empire birman (royaume de Pagan – Le « Bagan » actuel) en 1057. C’est en quelque sorte le Clovis local.

Jusqu’au milieu du 12ième siècle, les birmans et les khmers dominent l’essentiel de l’Asie du Sud-est. Le royaume de Pagan s’affaiblit par la suite et est détruit par les Mongols en 1287. La Birmanie se scinde alors en deux pour deux siècles.

En 1535, le roi Tabinshwehti réunifie la Birmanie et fonde le deuxième Empire birman (1535 – 1752). Cet empire est constamment en guerre contre le Royaume d’Ayutthaya (voir article sur Ayutthaya en Thaïlande). Suite à la poussée des incursions européennes dans la région, l’Empire s’affaiblit et s’effondre finalement en 1752.

Le troisième Empire birman (1752 – 1885) est fondé immédiatement par le roi Alaungpaya qui parvient à repousser les tentatives d’invasion successives, notamment de la dynastie Qing, en Chine. La Birmanie lui doit ses frontières actuelles.

Le pays ne résiste pas à une troisième agression britannique (après celles de 1824 et King Thibaw and Queen Supayalat 11852) et le 1er janvier1886, la Reine Victoria reçoit la Birmanie comme cadeau de nouvel an. Le pays ne devient une colonie britannique distincte qu’en 1937. Il est ensuite envahi par le Japon au début 1942 et il est le théâtre d’affrontements entre Japonais et alliés jusqu’en 1945.

Le général Aung San, le père de la célébrissime Aung San Suu Kyi, a alors la bonne idée de changer de camp en soutenant finalement les britanniques (il était pro-japonais au début). Ce revirement légitimera son action et permettra à terme à son pays de devenir indépendant en 1948. Indépendance qu’il n’aura même pas le temps d’apprécier car il est assassiné en 1947.

Depuis cette période, une succession de dictatures militaires a refermé le pays sur lui-même. En 2011, la junte militaire a officiellement laissé la place à un pouvoir civil… dirigé par l’un de ses anciens membres mais la situation semble s’améliorer.

Politique :

Aung San et surtout sa fille Aung San Suu Kyi jouissent d’une cote de popularité incroyable au Myanmar. A l’instar de Ho Chi Minh au Vietnam, ils sont considérés comme des héros. Il est écrit sur Aung San et sa filletous les guides qu’il est interdit pour les birmans d’avoir des représentations de la leader de l’opposition, mais une discussion avec un restaurateur birman du lac Inle nous a permis de comprendre que beaucoup de choses avaient changé depuis 2011 et les élections. Les birmans la vénèrent presque, comme une sorte de Gandhi local, et beaucoup possèdent un calendrier à son image. Il faut dire qu’elle a beaucoup œuvré pour son pays depuis son retour en 1989 et elle aura passé la majeure partie de son temps en résidence surveillée. Sans compter qu’elle a obtenu le prix de nobel de la paix en 1991, autre fierté pour le peuple birman.

Anecdotes en vrac :

Circulation : A Yangon, on remarque un changement par rapport aux autres villes d’Asie. Un silence atypique dans cette Asie du sud-est bruyante et désordonnée. Le changement est de taille : le gouvernement a interdit l’usage des deux roues si bien qu’on n’en croise absolument aucun dans la ville.

Autre précision, jusqu’en 1974, la conduite se faisait à gauche (héritage britannique) mais le Général Ne Win décida avec son astrologue que la droite était plus favorable. Il changea donc de côté. Le problème est qu’ils ont gardé les mêmes voitures avec les volants à droite, ce qui n’est pas très pratique…

Capitale : Contrairement à ce qu’on pense la plupart du temps, Yangon n’est plus la capitale. Depuis novembre 2005, il s’agit de Naypyidaw, ville de 900 000 habitants au centre du pays où il n’y a rien à voir et rien à faire. Personne ne semble réellement savoir pourquoi le gouvernement à déplacer la capitale. Certains spéculent que c’est pour ne pas être exposés de trop près à d’éventuelles manifestations populaires…

Thanaka : Les joues des birmans sont souvent enduites d’une sorte de terre couleur Thanakamarron claire. Celle-ci, appelée thanaka, s’obtient en râpant l’écorce de certains arbres de Birmanie avec de l’eau. Ce produit cosmétique permettant notamment de se protéger du soleil remonterait à 2000 ans. Il est extrêmement répandu et vous le verrez sur les joues de beaucoup de birmans en regardant les photos.

Bétel : Il s’agit d’une plante que les birmans mâchent et remâchent sans cesse et qui, parait-il, apaise. De la mastication sort un jus rougeâtre qu’ils crachent sur la route en un jet assez immonde. On peut donc voir absolument partout sur le sol, dans toutes les villes, ces traces rouges qui ne semblent partir qu’après de nombreux jours (années ?). Sans compter que ce jus colore les gencives et les dents, donnant à beaucoup de birmans un sourire d’un rouge puissant.

Tourisme : Oui la Birmanie est (devenue) un pays touristique. Il suffit de voir les bus de personnes âgées venues de France et d’Allemagne (principalement) pour s’en rendre compte. Néanmoins, il est toujours possible de suivre des itinéraires annexes moins empruntés et de ne pas croiser ces meutes aux cheveux blancs. Curieux destin que celui du touriste comme l’explique Houellebecq dans Plateforme : constamment en train de chercher des lieux non touristiques alors qu’il contribue par sa seule présence à les rendre ainsi. Oui je sais : je viens de citer du Houellebecq sans parler de sexe, c’est possible.

Spiritualité et moines : La religion est très présente en Birmanie. On ne cesse de voir des stûpas jaillir de la terre et les moines sont partout. Rien qu’à Mandalay, il y en aurait plus de 70 000. On peut d’ailleurs observer aux premières lueurs du jour les processions de moines traversant les villes avec des sortes de pots pour récupérer des donations P1020388(nourriture essentiellement). Et là on se dit que quelque chose ne va pas…on parle de 70 000 personnes ayant entre 15 et 30 ans pour la plupart, passant leur journée à méditer, étudier, faire la sieste et manger (un peu). En nous faisant visiter un monastère à Amarapura, près de Mandalay, un jeune moine nous a expliqué comment se déroulaient les journées. On ne peut s’empêcher de penser alors à la perte énorme que représente cette force vive enfermée dans ces vies de réflexion alors qu’il y a temps à faire pour développer le pays. Voir ces processions de moines demander de la nourriture et de l’argent au peuple, déjà peu fortuné, a quelque chose de dérangeant. Je ne nie pas le besoin de spiritualité des gens, surtout dans un pays pauvre comme le Myanmar, ni le rôle politique que peuvent jouer les moines (révolution de safran de 2007), mais les conditions de vie des moines sont souvent bien meilleures que celles de la majorité des birmans et cela incite les familles à envoyer leurs enfants dans des monastères.

Autre chose qui nous a plutôt étonnés : la façon d’adorer Buddha. Il s’agit là d’un vrai P1020861business. Les gens achètent avec  le peu d’argent qu’ils ont les feuilles d’or qu’ils vont coller sur des représentations de buddha. Certaines statues sont tellement recouvertes de feuilles d’or qu’on ne peut parfois même pas reconnaitre le visage ! Pour une religion qui prône la suppression des passions afin d’atteindre l’état d’apaisement absolu (le Nirvana), cela fait plutôt déplacé… J’avais plutôt en tête l’image de 7 ans au Tibet où le bouddhisme est plus perçu comme un mode de vie et de penser. Pour être honnête, cela m’a même fait penser à l’adoration du Veau d’Or (épisode de l’Exode).

Rencontres : Les Birmans parlent plutôt très bien anglais et font beaucoup d’efforts pour parler et discuter. Que ce soit les enfants, les moines et même les adultes en général, tous vous sourient, viennent vous parler, échanger et cela ne s’arrête pas à un bonjour/merci. On partage vraiment avec la population, et cela rend le voyage, l’immersion d’autant plus grande. Mes meilleurs souvenirs sont peut-être même certaines rencontres effectuées durant notre treck entre Kalaw et Inle. Marion s’est également vu offrir une peinture dans une pagode à Mandalay par une petite fille … nous l’avons à peine remerciée ne comprenant pas tout de suite pourquoi elle nous tendait la peinture !

A suivre : Partie 2 : Le Best of de notre voyage

Rencontres Birmanes

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2 commentaires pour Myanmar – Partie 1 : Contexte général et anecdotes

  1. couture christine dit :

    continuez à nous faire rèver, merci

  2. Ping : Myanmar – Partie 2 : Le Best of de notre voyage | Good Morning Saigon!

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