Laos – Partie 2 : Bouddhisme et Nature : les deux mamelles du Laos

Voir Laos – Partie 1 : Contexte général et anecdotes

A notre arrivée, nous avions quelques heures seulement devant nous pour nous promener dans Vientiane avant de filer vers Vang Vieng.

Si beaucoup nous avait précisé que la ville était pour eux sans intérêts, nous l’avons trouvé plutôt agréable. Le centre est certes tout petit et à l’opposé des capitales gigantesques des P1030777pays voisins, mais il est agréable de s’y promener et d’aller flâner dans ses pagodes. Le Patuxai, sorte d’arc de Triomphe local, a même un certain style, même s’il reste inachevé et donc assez grossier.

Après quelques heures de bus, à zigzaguer sur des routes à flan de montagnes offrant des paysages de forêts tropicales à perte de vue, nous avons posé nos bagages à Vang Vieng, toute petite ville au milieu du Nord Laos. Destination très connue des jeunes routards qui aiment à s’y reposer et boire des bières, coincés dans des chambres à air de camion et glissant le long de la rivière qui borde la ville, elle permet de profiter des richesses naturelles qu’offre le Laos. Le lieu est même surnommé la « baie d’Along laotienne » et on ne peut qu’approuver tant le coucher de soleil sur les pitons rocheux laotiens rappelle celui aperçu chez les voisins vietnamiens.

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On peut donc visiter la région en moto, vélo, avec des groupes, ou même seuls, à la recherche de grottes, de piscines naturelles ou de points de vue sur les vallées environnantes.

Notre premier après-midi sur place nous permis de nous familiariser avec les lieux en partant en moto dans la campagne locale, croisant villages et rizières, avant de trouver le P1030446« blue lagoon », piscine naturelle où l’on peut se rafraichir et profiter de l’eau d’un bleu clair intense (la température moyenne au cours de notre voyage a été de 40 degrés environ). La grotte accolée nous donna un aperçu de ce que nous allions voir ensuite : après avoir payé l’inévitable droit d’entrée, on se retrouve dans une grotte immense, avec la lampe frontale et zéro infrastructure dans la grotte. Cela s’est révélé vraiment agréable au final puisqu’on peut donc se promener partout, visiter tous les recoins, si bien que par moment, on a presque l’impression de faire de la spéléologie. Pour la sécurité on repassera par contre !

Le deuxième jour fut l’occasion de faire un peu de sport avec un guide et groupe d’étrangers. Au programme, deux célèbres activités locales :

–          Le Tubing : petite promenade dans une grotte, coincée sur une bouée, le long d’une IMGP0025rivière sous terraine.

–          Une descente en canoë kayak jusqu’à Vang Vieng, permettant de profiter une fois de plus de la beauté du site

Le dernier jour fut sans aucun doute le plus agréable. Nous sommes partis en moto à la découverte des grottes et autres sites de la région. Aucune grotte ne ressemble à l’autre, si bien qu’on passe d’une grotte immense à une minuscule grotte perçant la montagne sur des centaines de mètres. Certains passages dans des chatières tout juste P1030498assez grandes pour que je puisse m’y faufiler m’ont d’ailleurs rappelé mon excursion dans les sous-sols parisiens et les Catacombes. Si je m’en suis donné à cœur joie, Marion ne peut malheureusement pas en dire autant. La sécurité inexistante et l’absence totale de touristes (ou d’êtres vivants en général) sur les lieux a rendu ces visites quelque peu stressantes. Mais vraiment incroyables ! C’est assez rare de pouvoir se promener dans ce genre de site complètement seul et de choisir soit même son parcours. Je précise quand même que je ne suis pas allé tout le temps au fonds des grottes, certaines s’enfonçant trop au cœur de la montagne (j’avais pourtant sorti mes tongs spéciales spéléo).

Moyennant un long parcours le long d’un piton rocheux, on peut même atteindre des points de vue somptueux sur la région. Comme aux Météores en Grèce, on se demande parfois où passe le chemin qui nous mènera jusqu’au sommet, mais il est bien là, tranchant la forêt tropicale et montant le long de la paroi.

Marion repartie en ville, il me restait un peu plus d’une heure de soleil pour aller rechercher un nouveau site. Les laotiens rentrés chez eux, je n’ai même pas eu de tickets à payer et j’ai donc dû trouver seul la grotte et la piscine naturelle sous terraine que je cherchais. Ce fut P1030549une sacré expérience que de traversée une rivière, des rizières, puis de gravir une montagne (à la limite de l’escalade parfois) afin de trouver la dite grotte. Etant absolument seul et le soleil déclinant, je ne me suis pas éternisé. Juste le temps de trouver la piscine sous terraine, complétement cachée dans le coin d’une paroi et de rentrer sain et sauf à Vang Vieng.

Ces deux jours et demi furent très agréables et revigorants. Le site près de Vang Vieng offre beaucoup de merveilles à découvrir. Disséminées un peu partout et parfois difficilement accessibles, on peut s’y aventurer seul et ressentir à moindre échelle les frissons qu’ont dû ressentir les premières personnes à avoir foulées ces sites.

Notre voyage s’est ensuite poursuivi par une étape de 4 jours à Luang Prabang (où nous avons retrouvé Philou et Mimi). Luang Prabang est une ville atypique, c’est le moins qu’on puisse dire. Avec ses petites rues pavées, ses pagodes cachées dans tous les coins de rue, ses P1030592vieilles maisons de style colonial, la ville m’a semblé être comme une ville européenne bouddhiste qui aurait perdu sa boussole et se serait retrouvée ici, au milieu de la forêt humide du Laos, à l’ombre des palmiers et bercée par le Mekong. Car si la ville est très agréable et superbe, c’est plus que tout son emplacement, au cœur de l’Asie du Sud Est qui étonne tant il semble improbable de trouver ce genre de ville ici… Pas étonnant que l’Unesco ait souhaité protéger la ville en la classant en 1995 au Patrimoine mondial de l’Humanité. Si les pagodes sont intéressantes et jolies à voir, c’est surtout l’atmosphère de calme absolu et de tranquillité qui règne dans la ville qui sont les plus agréables.

Le soir venu on peut y manger des spécialités locales et boire quelques bières Lao dans un des nombreux bars de la ville. Pour l’anecdote, nous sommes en ce moment en période de pré-mousson, et il pleut assez souvent durant la nuit. Un soir que nous jouions aux cartes, nous avons eu droit à l’orage le plus rapide de l’histoire (même par rapport à la saucée que nous avions pris au Guatemala avec Marion qui était pourtant mémorable). Philou s’est exclamé : « tiens, j’ai reçu une goutte ». Une seconde après, un rideau de pluie aussi soudain que dense s’abattait sur nous. Impressionnant !

Nous avons passé notre première journée en nous promenant dans la ville pour mieux la comprendre et apprécier son aura. La journée a commencé tôt puisque nous avons pu observer le reras (ou l’aumône) des bonzes, rituel immuable, quotidien, où les jeunes moines P1030565des différentes pagodes parcourent les rues aux premières lueurs du jour pour récolter les poignées de riz gluant et autres fruits offerts en offrande par la population. Assez intense et atypique de voir ces sortes de « mamas » laotiennes s’asseoir entre amies sur leurs petites chaises, même sous la pluie, à 06h00 du matin pour attendre le passage des moines.

La suite de la journée fut partagée entre ballades, visites de pagodes et de la colline centrale P1030600de la ville, donnant un point de vue immanquable sur la ville, qui se révèle alors, prise au milieu d’une dense végétation que l’on ne soupçonne pas lorsque l’on marche en son sein.

Les deux journées suivantes nous permirent de profiter des principales attractions locales :

–          Les cascades de Kuang Si : très joli site naturel composé d’une cascade et surtout d’une rivière en aval qui s’éclatent en une multitude de vasques d’eau bleu ciel où l’on peut se baigner. Superbe site donc que nous avons malheureusement visité sous une faible pluie.

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–           Les grottes de Pak Ou. Aucun intérêt (grottes très peu profondes présentant simplement quelques bouddhas lambdas) si ce n’est le trajet en bateau qui permet de voir la vie le long du Mekong (et sans oublié l’arrêt au village où les habitants font leur propre alcool de riz ; 70° dans le gosier à 10h du matin, encore mieux que le Red Bull !).

–          Promenade dans le village sur l’autre rive du Mekong. Plus rural et moins touristique, on peut y découvrir quelques pagodes et une grotte cachant un escalier sans fin qui P1030701s’enfonce jusqu’à perte de vue. Anecdote assez marrante, pour visiter la grotte, on doit payer l’inévitable ticket d’entrée et on nous donne directement la clé qui ouvre le cadenas fermant les lourdes portes de l’entrée de la grotte !

Comme il nous restait un jour, nous avons décidé de louer des vélos et de partir découvrir les trésors cachés de la région. Cela ne fut pas sans peine (près de 50 km en vélo sous 40 degrés avec passage d’un col beaucoup plus haut que prévu…).

Suivre une route vers l’Est pendant 4 km, continuer sur un chemin encore boueux de la pluie de la veille, descendre un chemin vers le Mekong au moment où la route fait un virage sec à droite… quand on va voir la tombe d’un illustre français enterré au milieu de nulle part, il faut le vouloir !

Henri MouhotDernière demeure de l’explorateur français Henri Mouhot (1826, 1861), le site se résume à une statue et une sépulture dominant le Mekong. L’homme est surtout célèbre pour avoir fait découvrir à l’Europe un site et quel site : les ruines d’Angkor ! Trouver sa tombe après une route semée d’embuches dans cet endroit isolé et désert  me donna la sensation d’effectuer une sorte de pèlerinage pour rendre un hommage à cet homme qui aurait certainement reçu plus de visites au Père Lachaise, où sa résidence permanente aurait constitué une halte de choix pour Bertrand Beyern.

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Marion et moi avons ensuite continué notre aventure en pédalant jusqu’au site des Cascades de Tad Sé. Autre lieu réputé des environs. Mais arrivés sur place, il n’y avait pas assez d’eau pour faire vivre le site, à notre grand regret.

Si nous avons été moins fascinés par notre séjour que par nos visites au Cambodge et en Birmanie notamment (en partie car les locaux se sont montrés moins souriants et ouverts que leurs voisins), le Laos s’est quand même révélé être une destination très agréable  pour qui recherche calme, Nature, sites naturels et visites de Pagodes. Si aucun site tel Angkor ou Bagan n’est venu illuminer notre parcours, nous avons pu néanmoins profiter au maximum de la beauté de Vang Vieng, ainsi que de la douceur de vivre et de la spiritualité qui règnent à Luang Prabang. Un Oasis au milieu du désert.

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2 commentaires pour Laos – Partie 2 : Bouddhisme et Nature : les deux mamelles du Laos

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  2. couture christine dit :

    je comprends marion , je n’aurai pas aimé rentrer dans toutes ces grottes superbes photos et paysages bonne continuation

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